Beaucoup, parmi les observateurs de la campagne présidentielle, font ce constat : Ségo rame pendant que Sarko trace.
Ségo dit une connerie par jour, ce qui signifie qu'une fois par jour son équipe de campagne doit lui trouver, de toute urgence, une forêt de micros compatissant pour qu'elle puisse réparer les conneries qu'elle vient de dire dans les dix minutes précédentes.
Pendant ce temps là, Sarko marque des points. Je me suis tartiné l'entretien qu'il a donné au journal Le Monde et dans lequel il donne les grandes orientations de son programme économique. C'est clair, précis, incisif et intelligible. A chaque problème de fond correspond une affirmation nette et sans bavure. Quelque chose de synthétique et de réfléchi.
Par exemple sur les dépenses de santé, il dit : je ne les diminue pas, la solidarité doit impliquer la responsabilisation du patient, j'arrête de culpabiliser la médecine libérale, qui ne compte que pour 15% de la dépense, j'introduis de la gouvernance dans le secteur hospitalier, je modifie la carte hospitalière selon un principe, ne pas créer de vide médical en France.
Ces cinq affirmations renvoient à cinq points clés de la problématique de la santé en France. Ces points ont donné lieu à débat : en sa qualité de candidat, Sarko tranche. Le type connaît son affaire, il l'a étudiée, ça se voit.
A côté de lui, Ségo s'embourbe et s'embourde dans ses débats participatifs où l'on cause beaucoup, et où ça part un peu dans toutes les directions. Parmi les dernières images diffusées, on la voit répondre à une femme battue, comme une animatrice en séance de thérapie de groupe, qu'elle promet de faire voter une loi contre les violences conjugales. Petit problème toutefois : ladite loi a déjà été votée...
Et ça continue : la voilà obligée de justifier ses propos sur le Québec libre...
Avant c'était la SCI...
Sans compter Nono, mis au coin avec son bonnet d'âne, pour mauvaise plaisanterie à l'endroit de son compagnon, François Hollande...
Avant, c'était cette histoire d'écouteurs qui ne marchent pas et de double traduction libanaise...
Alors, la cellule d'urgence de Ségo s'est réunit et elle a trouvé LA solution : voilà, c'est clair, les médias sont partisans et donnent une mauvaise image de la candidate. En ligne de mire, TF1, comme d'habitude.
On suggère une théorie du complot qu'on désamorce aussitôt en la niant, puisqu'il faut rester raisonnable.
Il n'empêche que dans la vie, on a jamais que l'image qu'on se donne. Complot ou pas, traitement préférentiel, ou pas : tout le mode a bien vu que dans la campagne de Ségo, il n'y a pas de fond. Il y a une ambiance, donnée par une image, celle d'une femme volontaire, dynamique, protectrice, rassurante, élégante et intelligente.
Ce bel emballage dissimule t'il une machine à perdre ?
C'est la question que l'on commence à se poser quand on voit le bulldozer Sarko, toujours aussi agaçant dans tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il dit, dans tout ce qu'il est, dans tout ce qu'il représente. Mais toujours aussi efficace.